Glossaire
Les mots du féminisme, définis simplement. Un lexique pour prolonger les nouvelles et nommer ce qui, souvent, reste tu.
Aller à une famille
Émancipation & autonomie
- Émancipation
- Se défaire d'une tutelle, d'une norme ou d'une dépendance pour décider par soi-même.
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S'émanciper, c'est sortir d'une tutelle : celle d'un père, d'un mari, d'un rôle qu'on t'a assigné avant même que tu parles. Ce n'est pas rejeter les autres, c'est reprendre la décision. Le geste est rarement spectaculaire : il tient souvent dans un « non » posé, un compte en banque à ton nom, une porte que tu franchis sans demander si tu as le droit.
- Indépendance
- Pouvoir subvenir à ses besoins et mener sa vie sans avoir à en demander la permission.
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L'indépendance, c'est la part matérielle de l'émancipation : un revenu, un toit, des choix que personne ne peut t'reprendre parce qu'il paie. On a longtemps tenu les femmes à distance de cette autonomie, faute de salaire, de compte, de signature. La conquérir, c'est s'assurer que partir reste toujours possible.
- Prise de parole
- Oser dire son idée sans la faire précéder d'un « désolée » : occuper l'espace de la parole qu'on a appris à céder.
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Prendre la parole, ce n'est pas seulement parler : c'est ne pas s'excuser de le faire. On a appris à beaucoup de filles à envelopper leurs idées de précautions, « désolée », « c'est peut-être bête », « je me trompe sûrement », qui préviennent l'auditoire de ne pas trop y croire. Retirer cette phrase de garde ne change pas l'idée ; ça change ce qu'on l'autorise à peser. Faire sa place à une table, c'est parfois ce seul geste : dire la chose, et s'arrêter là.
- Voyage
- Partir comme geste d'émancipation : quitter un lieu, une assignation, pour se retrouver.
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Partir seule a longtemps été jugé imprudent pour une femme, comme si le monde ne lui appartenait qu'accompagnée. Le voyage devient alors un geste politique : occuper l'espace, prendre la route, se déprendre du regard qui surveille. On ne fuit pas toujours quelque chose, parfois on va simplement se retrouver.
Corps & injonctions
- Charge mentale
- Le travail invisible d'anticiper, organiser et se souvenir pour tout le foyer.
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C'est la part invisible du travail domestique : non pas laver, mais penser à laver ; non pas acheter, mais retenir la liste, la date, la taille. Ce fil qui tourne en permanence retombe le plus souvent sur les femmes, même quand les tâches semblent partagées. Le rendre visible, c'est la première condition pour le répartir.
- Corps
- Le corps comme territoire politique : objet d'injonctions, et lieu de réappropriation.
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Longtemps le corps des femmes a été affaire de tous sauf d'elles : jugé, commenté, réglementé. En faire de nouveau un territoire à soi, c'est décider de ce qu'on en montre, de ce qu'on en fait, de qui y a accès. La réappropriation ne passe pas par la perfection, mais par le droit d'habiter sa peau sans s'excuser.
Famille & transmission
- Relations familiales
- Les liens de famille, tissés d'amour autant que de contraintes et d'attentes.
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La famille est souvent le premier lieu où l'on apprend sa place : celle qu'on nous donne, celle qu'on nous refuse. On y reçoit de l'amour et, dans le même geste, des attentes qui pèsent : rester, se taire, faire honneur. Démêler les deux, c'est pouvoir aimer les siens sans leur obéir.
- Transmission
- Ce qui passe d'une génération à l'autre : gestes, silences, héritages, rôles assignés.
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On hérite rarement d'un seul coup : la transmission se fait par petites touches, un plat, une peur, une phrase répétée. Passent aussi les rôles, les renoncements, les silences des femmes d'avant. Regarder cet héritage en face, c'est choisir ce qu'on garde et ce qu'on laisse tomber, plutôt que de le reconduire sans y penser.
Repères féministes
- Consentement
- Un accord libre, éclairé et révocable ; son absence, c'est la contrainte.
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Consentir, ce n'est pas céder ni se résigner : c'est dire oui librement, en sachant à quoi, et pouvoir changer d'avis à tout moment. Un oui arraché par la peur, la pression ou l'habitude n'en est pas un. Placer le consentement au centre, c'est faire du désir de l'autre une condition, jamais un détail.
- Féminisme
- Le mouvement et la pensée qui visent l'égalité réelle entre les genres.
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Le féminisme n'est pas une guerre contre les hommes : c'est la conviction, et le combat, que les genres valent autant et doivent avoir les mêmes droits, la même liberté, la même sécurité. Il en existe bien des courants, parfois en désaccord. Ce qui les relie tient en une phrase : personne ne devrait voir sa vie rétrécie parce qu'il est né d'un genre plutôt que d'un autre.
- Patriarcat
- Le système social qui organise la domination des hommes sur les femmes et les minorités de genre.
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Le patriarcat n'est pas un complot d'hommes en particulier : c'est une organisation sociale, ancienne et diffuse, qui place par défaut le masculin en position de pouvoir, d'autorité et de norme. Il agit dans les lois, les salaires, les tâches, les récits. Le nommer ne désigne pas des coupables, mais un système que l'on peut décrire, et donc transformer.
- Sororité
- La solidarité entre femmes, comme force politique autant que comme refuge.
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C'est la fraternité au féminin : une solidarité entre femmes qui refuse la rivalité qu'on nous a apprise. La sororité soigne (on se croit, on se relaie, on se protège) et elle agit (on se ligue, on fait nombre). Elle ne gomme pas les différences entre femmes, elle en fait une force plutôt qu'une faille.

